| |

Isabelle Hoarau-Joly
Poète
L'accès à l'égalité reste un combat au quotidien. Car rien n'est définitivement acquis dans ce domaine, tout est toujours à recommencer car la discrimination a de nombreux visages et se cache partout dans notre société dont la devise est pourtant "liberté, égalité et fraternité". La décliner avec poésie, art, beauté peut être une voie permettant une prise de conscience mais aussi de faire passer les messages autrement.
|
|
|
L’égalité, une évidence naturelle
Masculin, féminin
Homme, Femme,
Un équilibre parfait
Mais si difficile à conjuguer
Conjuguer nos différences
Pour mieux les vivre
Conjuguer nos semblances
Pour mieux nous aimer
Unir nos voix
Unir nos silences
Pour mieux les partager
Pour mieux nous accepter.
Chacun contribue à sa façon
Au chant du monde
Chacun apporte à sa manière
Ses dons, ses talents, ses savoirs.
Ne sommes-nous pas
Tout simplement
Du même clan, de la même race,
Chacun à sa place
Comme les étoiles du ciel
Les grains de sable sur la grève
Les feuilles des arbres,
La rondeur des jours et des nuits
Dans le grand cercle de la vie.
Ne méritons-nous pas chacune, chacun
L’égalité, l’équité
De droits, de traitement,
Pourquoi, pour qui, nous déchirer ?
N’avons-nous pas encore tellement
A apprendre l’une de l’autre,
A découvrir nos richesses, les cadeaux
Que nous avons encore à offrir au monde ?
Pourquoi s’affronter, pourquoi s’opposer,
Croire que si la femme réussit,
C’est aux dépens de l’homme.
Ne pourrait-on pas réinventer demain
Un monde de sororité, de fraternité ?
MOI JE
Je suis de la nation du loup
Je suis de la race des hommes
Supérieur en toutes choses,
Supérieur à toutes les créatures.
Je toise le monde de ma hauteur
Je toise le monde à l’aune de mon orgueil
J’ai dompté les océans, j’ai conquis les continents
Le ciel et la lune sont à portée de main.
J’ai séduit, possédé, trompé, triomphé de tout.
J’ai soumis les peuples et les peuplades,
Les fauves, les cannibales et les barbares
Mon ambition ne me laisse jamais tranquille
Je boirai toute l’eau des rivières, je mangerai toutes les forêts
Pour le profit, la richesse et l’abondance.
J’ai dominé les femmes et les faibles
Mais j’ai oublié l’humilité, la sagesse.
Et parfois, je me sens si seul
Quand je me demande où je vais,
Ce que sera demain
Lorsque j’aurai tout dévoré.
Alors peut-être,
Je me tournerai vers ma compagne,
Je lui demanderai douceur, tendresse
Et je lui dirai, tu es :
Mon âme sœur, mon amie
Enfin mon égale
Avec qui je partagerai demain.
|